ÉGYPTE ANTIQUE – DE NARMER AUX HIKSOS (Ep.#3)


L’histoire de l’Égypte Antique, c’est l’histoire d’une civilisation façonnée comme nulle autre par son environnement. Comme leurs frères mésopotamiens, les premiers égyptiens doivent en effet composer avec la rigueur d’un climat aride et inhospitalier. Pour cultiver la terre et prospérer, ils s’organisent dès lors autour de la seule source de fertilité de la région, un grand fleuve qu’on appelle aujourd’hui le Nil. Chaque année, durant les mois d’été, ce dernier connaît une importante crue et déborde. Alors que les plaines avoisinantes sont noyées, les sols se couvrent de limons
et deviennent extrêmement féconds. A chaque décrue, les communautés agricoles peuvent donc profiter d’une terre d’une incroyable richesse. C’est d’ailleurs cette terre qui va donner son premier nom à la région : “Kemet”, autrement dit le pays de la terre noire. En observant leur environnement, les égyptiens se persuadent que leur existence est dominée par de grands cycles de mort et de renaissance. Les terres fertiles sont régulièrement asséchées, mais chaque année, le Nil leur apporte
l’eau nécessaire à leur régénération. Au fil des saisons, le Soleil est quant à lui capable de détruire ou de faire pousser. Il meurt tous les soirs à l’Ouest, là où se trouve le pays des morts, mais renaît tous les matins à l’Est, là où se trouve le pays des dieux. Pour les communautés locales, le monde est donc un système ordonné et constant, au sein duquel la vie finit toujours par triompher de la mort. Les égyptiens y jouissent d’ailleurs d’une place toute particulière. Ils s’estiment en effet protégés par les dieux, qui leur ont donné une terre extrêmement riche, au milieu d’immenses étendues désertiques. Cette grande idée de renaissance se retrouve également quand on aborde le sujet des pharaons. Selon la tradition, ces rois tout-puissants de l’Égypte Antique sont eux aussi capables de renaître après leur mort. Dès lors, s’ils veulent pouvoir réutiliser leurs corps dans l’Au-delà, il est impératif que ce dernier soit conservé
le plus efficacement possible. C’est la raison pour laquelle les embaumeurs égyptiens développent des techniques de momification très élaborées. Pour que les pharaons puissent bénéficier de tout le confort nécessaire dans l’autre monde, ils sont également enterrés avec toutes leurs possessions : de véritables trésors, qui feront plus tard la joie des pilleurs de tombes. Durant toute une partie l’Antiquité, l’Égypte est une zone géographique largement isolée du reste du monde, en raison de nombreuses barrières naturelles. Cette configuration particulière engage toute la région sur la voie de l’évolution en huis clos, et permet à ses habitants de développer très rapidement une culture propre et une identité forte. À l’origine, l’Égypte est une terre divisée en petites cités-Etats, appelées des nomes. À mesure que le temps passe, ces villes nouent des alliances entre elles, tant et si bien que deux grandes factions finissent par émerger : la Haute-Égypte, au Sud, et la Basse-Égypte au Nord. Aux alentours de 3100 avant notre ère, un événement décisif survient. Un roi du nom de Narmer unifie les nomes du Sud, avant de se lancer à la conquête du Nord. À l’occasion d’une bataille qui fera date, il écrase la coalition qui tente de s’opposer à lui, et devient le premier pharaon d’une Égypte à présent unifiée. À compter de ce jour, les rois de cette nouvelle entité politique porteront sur la tête deux couronnes imbriquées l’une dans l’autre : la blanche représente la Haute-Égypte ; la rouge représente la Basse-Égypte. Ensemble, elles permettent au pouvoir pharaonique d’afficher sa légitimité à gouverner l’ensemble du pays. Quoi qu’il en soit, l’Égypte Antique est à présent engagée dans sa période la plus éclatante : l’Ancien Empire. Sa capitale est alors Memphis, une ville à proximité de laquelle on trouve la nécropole de Saqqarah. Ce site revêt une importance toute particulière, puisque c’est là qu’un génie touche-à-tout du nom d’Imhotep va bâtir pour le roi Djéser la toute première pyramide égyptienne. A l’époque, les pharaons ont pour habitude de se faire enterrer dans des édifices rectangulaires, appelés des mastaba. Mais Imhotep, alors architecte royal, est bien décidé à donner à Djéser une sépulture unique en son genre. Pour ce faire, il a l’idée d’empiler plusieurs mastaba les uns sur les autres, pour former une structure aussi grandiose que singulière : une pyramide, qui servira de référence à toutes celles qui vont suivre. Grâce à Imhotep, l’Ancien Empire devient bientôt l’âge d’or des pyramides, avec des constructions titanesques comme celle de la nécropole de Gizeh. Contrairement à l’idée reçue, ces tombes gigantesques ne sont pas construites par des esclaves mais par les égyptiens eux-mêmes. Participer à les faire sortir de terre est en effet considéré comme un véritable honneur, et un devoir sacré envers le pharaon. Avec le temps, le privilège de la renaissance s’étend du seul roi aux différentes classes de notables, Et comme tout le monde souhaite reposer auprès des pharaons, de véritables cités des morts ne tardent pas à faire leur apparition autour des imposantes pyramides. L’Ancien Empire finit par s’effondrer vers 2200 avant notre ère. Face à une aristocratie toujours plus puissante, le pouvoir pharaonique finit par
ne plus pouvoir assurer l’unité de l’Égypte. Le pays plonge alors dans le chaos, et se morcelle à nouveau en nomes qui rivalisent les uns avec les autres. Cette période est appelée la première période intermédiaire. Elle dure environ 150 ans, au terme desquels un certain Mentouhotep II parvient à réunifier la région. Débute alors le Moyen Empire. Ce Moyen Empire est bien moins glorieux que son prédécesseur. Le pharaon n’est plus le leader incontesté qu’il a été par le passé, les tensions et les intrigues sont permanentes et la construction de pyramides, même si elle se poursuit, perd de sa magnificence, faute de ressources. Vers 1700 avant notre ère, cette instabilité permanente entraîne
une nouvelle désintégration de l’Égypte, qui marque le début de cette deuxième période intermédiaire. C’est alors que pour d’obscures raisons, le Nord du pays passe soudain sous la domination des Hyksos, un peuple énigmatique venu du Proche-Orient. Les historiens ne s’accordent pas sur les événements ayant conduit à cette prise de pouvoir. Certains parlent d’invasion, d’autres évoquent plutôt une migration. Une chose est certaine : les Hyksos contrôlent maintenant la Basse-Égypte. Un traumatisme énorme pour les populations locales, qui pour la première fois voient leur terres sacrées occupées par une puissance étrangère. #Sous-titres : Collaboratifs. #Relecture : El Micà

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